samedi 7 février 2009

suite


Le jardin étant ce qu'il est, il faut composer avec... c'est-à-dire choisir avec soin tout ce qui peut pousser dans ce lieu, ce qui peut résister aux conditions climatiques. Rien à faire de s'obstiner, il faut raisonner. Bizarrement, c'est lui qui décide. Je propose... Il dispose! Le jardin a des exigences, ses exigences, qui lui sont propres. Et une bonne entente passe obligatoirement par le respect de ses lois. Sinon, c'est la déconvenue, l'échec! Avec toutes les tensions, les crispations qui en découlent...


Afin de vivre une belle et douce harmonie avec lui, je devais me mettre dans la tête que c'est lui qui a raison. Voyons! Il n'est pas venu me chercher (encore que...) Il est situé là où il est, rien ne pourra y changer. Lieu, climat, manque d'eau, voilà qui est défini. Pour le reste, c'est une affaire entre lui et moi : je nourris son sol, je respecte les catégories de plantations, un peu d'arrosage, beaucoup de paillage et il me rend au centuple les efforts que je lui consacre.

Mon rapport à la terre a comlètement changé, je ne la vois plus comme un support mais comme une matière vivante, nourricière, avec laquelle je peux travailler, échanger. Elle est la matrice du monde, si l'on y réfléchit bien. Sans elle rien ne peut vivre. Elle nous materne en nous offrant le meilleur d'elle-même. Lorsqu'on comprend cette matière vivante, palpitante dans tous les sens du terme, on réalise que les méthodes traditionnelles de culture ne sont pas adaptées, elles stérilisent le sol, détruisent son petit peuple (qui est multiple).

Du reste, si j'ai beaucoup de respect et de connivence avec les vers de terre, c'est que je ne connais pas de meilleurs assistants en matière de culture. Infatigables, toujours prêts à la besogne, inlassablement, ils digèrent et incorporent tout ce qui leur est donné, produisant de la sorte le plus rentable des composts, riche et profitable aux plantations. Merveilleux petits alliés!

La terre a besoin elle aussi de respect, de compréhension. Tout est question d'équilibre. Elle nous donne, je lui rends. (par le compost, le paillage, le brf, etc.) C'est un peu une très belle histoire d'amour.


Danseuse dans l'âme et dans la vie, le goût pour l'art et la création ne m'ont pas quittée.

Mon évolution au sein de Dame Nature s'est répercutée dans ma conception du corps instrument, du corps vibration; il y a une grande corrélation entre le jardin et la danse. La relation vibre au même niveau de l'âme. Le prof de danse ne "fait" pas le danseur, il dépose un enseignement comme le jardinier confie à la terre sa bouture ou ses graines.

Ensuite, c'est la mystérieuse alchimie entre le corps et l'âme, entre le sol et la plante qui font le vrai travail.

Le résultat est un magnifique ballet, une chorégraphie aérienne animée par les oiseaux, papillons, écureuils et autres animaux qui peuplent ce parc.

3 commentaires:

Christian a dit…

Bravo et merci. J'avais moi aussi entrepris cet histoire d'amour avec le jardin où j'habitais il y a quelques années, selon les repères de la biodynamie...
Pour l'instant je vis en ville.

mystère a dit…

Ce rapprochement entre la danse et le jardin : magnifique !

MUTTI a dit…

La créativité n'a certes aucune limite, et lorsque comme ici...(quel bonheur !)l'harmonie, corps âme esprit, se manifeste si magnifiquement, le regard glisse un sourire et le coeur est joyeux.
Merci

(Je vis en ville, un appartement devenu presque "jardin");-)